Une habitante relativement récente des Pyrénées
Contrairement à ce que son surnom de « marmotte pyrénéenne » pourrait laisser penser, l’animal observé dans le massif est la Marmotte des Alpes, dont le nom scientifique est Marmota marmota. Elle n’est donc pas une espèce propre aux Pyrénées.
La marmotte avait disparu du massif pyrénéen à la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 15 000 ans. Elle y a été réintroduite à partir de la fin des années 1940, notamment dans la vallée de Luz, dans les Hautes-Pyrénées. D’autres lâchers ont ensuite été réalisés dans plusieurs secteurs, notamment en Ariège et dans les Pyrénées-Orientales. L’espèce s’est très bien adaptée et se rencontre aujourd’hui dans l’ensemble de la chaîne pyrénéenne.
Où vivent les marmottes dans les Pyrénées françaises ?
La marmotte apprécie particulièrement les espaces ouverts offrant à la fois de la nourriture, des terrains faciles à creuser et une bonne visibilité sur les environs. On peut ainsi la rencontrer dans les prairies de montagne, les pelouses d’altitude, les clairières, les éboulis et les versants rocheux bien exposés au soleil.
Dans les Pyrénées, elle peut vivre entre environ 800 et plus de 2 600 mètres d’altitude. Elle creuse plusieurs types de terriers : un terrier principal constitué de galeries et de chambres, de petits abris temporaires pour échapper rapidement à un prédateur, ainsi qu’un terrier plus profond utilisé pendant l’hibernation. L’entrée d’un terrier régulièrement fréquenté se reconnaît parfois aux déblais de terre accumulés devant l’ouverture.
Pour augmenter ses chances d’en apercevoir, il faut observer attentivement les prairies situées à proximité de rochers ou d’éboulis. Une marmotte peut rester immobile pendant plusieurs minutes, dressée sur ses pattes arrière, afin de surveiller les alentours.
Quelle est la meilleure période pour observer les marmottes ?
De mai à juillet : la période la plus favorable
La meilleure période pour observer les marmottes dans les Pyrénées françaises s’étend généralement de mai à juillet. Après leur sortie d’hibernation, à la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril selon l’altitude et l’enneigement, elles doivent se nourrir abondamment pour reprendre du poids.
Au printemps et au début de l’été, les marmottes passent donc une grande partie de leur temps à l’extérieur de leur terrier. Les prairies sont également plus vertes, les températures encore modérées et les conditions souvent favorables à leur activité.
Une observation reste possible en août et en septembre. Durant cette période, les marmottes continuent à manger intensément afin d’accumuler les réserves de graisse indispensables à leur survie pendant l’hiver. Elles regagnent généralement leur terrier d’hibernation au cours du mois d’octobre.
De la mi-juin à la mi-juillet pour voir les marmottons
Les accouplements se déroulent principalement en avril et en mai. Après une gestation d’un peu plus d’un mois, les femelles donnent naissance à deux à quatre petits, parfois davantage. Les marmottons restent d’abord cachés dans le terrier, où ils naissent nus et aveugles.
Leurs premières sorties ont généralement lieu entre la mi-juin et la mi-juillet. Cette période est particulièrement intéressante pour observer les jeunes jouer, courir près du terrier et imiter les comportements des adultes. Il est toutefois indispensable de conserver une distance importante : les marmottons sont vulnérables et les adultes doivent pouvoir rejoindre leur terrier sans se sentir menacés.
À quel moment de la journée les observer ?
Les meilleures chances d’observation se situent généralement :
- tôt le matin, lorsque la température est encore fraîche ;
- en fin d’après-midi, lorsque la chaleur diminue.
Pendant les heures les plus chaudes, notamment au cœur de l’été, les marmottes peuvent rester au frais dans leur terrier. Elles sont également moins faciles à observer lorsque le temps est mauvais. Une journée calme, sèche et modérément ensoleillée offre souvent de bonnes conditions.
Il vaut mieux arriver doucement dans la zone d’observation, s’arrêter régulièrement et écouter. Le premier indice n’est pas toujours visuel : le sifflement aigu d’une sentinelle révèle souvent la présence d’une colonie avant même qu’un animal ne soit repéré.
Pourquoi les marmottes sifflent-elles ?
La marmotte vit généralement en groupe familial. Pendant que certains individus mangent ou se reposent, l’un d’eux peut surveiller les environs. Lorsqu’un danger est détecté, la sentinelle émet un cri aigu et puissant afin d’avertir les autres membres du groupe.
Ce sifflement peut signaler la présence d’un aigle royal, d’un renard, d’un chien ou simplement d’un randonneur arrivé trop rapidement. À l’alerte, les marmottes rejoignent leurs terriers et peuvent y rester cachées pendant un long moment.
Lorsque le cri retentit, le meilleur comportement consiste donc à s’immobiliser, à garder le silence et à observer les rochers et les abords des terriers avec des jumelles.
Une longue préparation avant l’hiver
La marmotte est essentiellement herbivore. Elle consomme des feuilles, des tiges, des fleurs et des racines, même si elle peut occasionnellement manger quelques insectes ou larves.
Tout au long de la belle saison, elle doit constituer d’importantes réserves de graisse. Son poids peut passer d’environ 2,5 kilogrammes à la sortie de l’hiver à plus de 5 kilogrammes avant l’hibernation.
D’octobre à mars, elle passe la majeure partie de son temps dans son terrier. Sa température corporelle descend alors autour de 5 °C et son rythme cardiaque ralentit considérablement. Pendant plusieurs mois, elle ne se nourrit plus et survit uniquement grâce aux réserves accumulées au printemps et en été.
Comment observer les marmottes sans les déranger ?
L’observation de la faune sauvage doit rester discrète. Il est conseillé de conserver une distance suffisante et d’utiliser des jumelles ou un appareil photo équipé d’un téléobjectif plutôt que de chercher à s’approcher.
Il ne faut pas courir vers une marmotte, crier pour attirer son attention ou rester devant l’entrée de son terrier. Un animal qui interrompt régulièrement son repas pour se cacher perd un temps précieux pour constituer ses réserves avant l’hiver.
Il est également essentiel de ne jamais nourrir une marmotte. Le pain, les biscuits, les fruits transformés, le chocolat et les autres aliments humains ne correspondent pas à son régime naturel. Le nourrissage peut perturber son comportement, la rendre dépendante des visiteurs, provoquer des problèmes de santé et favoriser des comportements agressifs. Ses incisives sont puissantes et une morsure peut être sérieuse.
Dans la zone cœur du Parc national des Pyrénées, les chiens ne sont pas autorisés, même tenus en laisse. Cette réglementation contribue notamment à limiter le dérangement de la faune sauvage. Le bruit, la perturbation des animaux et le prélèvement d’éléments naturels y sont également interdits.
Le matériel utile pour les observer
Une paire de jumelles permet de profiter du spectacle tout en restant à bonne distance. Pour la photographie, un téléobjectif est préférable à une approche rapprochée.
Des vêtements aux couleurs discrètes, un petit coupe-vent, de l’eau et une protection solaire sont également recommandés. En montagne, la météo peut évoluer rapidement, même pendant une journée estivale.
Il faut enfin rester sur les chemins existants lorsque cela est possible. Marcher au milieu d’une colonie peut endommager les entrées de terriers, déranger les animaux et dégrader les prairies d’altitude.
Une rencontre accessible mais jamais garantie
La marmotte est l’un des mammifères les plus faciles à observer dans les Pyrénées, mais elle reste un animal sauvage. Sa présence à l’extérieur dépend de la météo, de la température, de l’heure, de la fréquentation du site et de la proximité éventuelle d’un prédateur.
Le meilleur moment pour organiser une sortie se situe donc entre mai et juillet, tôt le matin ou en fin d’après-midi. Pour observer les marmottons, la période allant de la mi-juin à la mi-juillet est généralement la plus intéressante.
Même lorsqu’aucune marmotte ne se montre, son sifflement, ses terriers et les traces laissées autour des prairies permettent déjà de découvrir une partie de sa vie. Avec de la patience, du silence et une observation à distance, la rencontre devient souvent l’un des plus beaux souvenirs d’une randonnée dans les Pyrénées françaises.
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