Culture · 13/08/2026

Les orris de Soulcem : comment fonctionnait une ferme de haute montagne ?

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Les orris de Soulcem : comment fonctionnait une ferme de haute montagne ?

Bien plus qu'une cabane de berger

Une petite construction de pierres, un toit presque confondu avec le sol et une ouverture sombre tournée vers la montagne : voilà l'image que l'on retient généralement d'un orri.

Pourtant, les vestiges de Soulcem montrent une organisation beaucoup plus élaborée.

Les recherches archéologiques parlent de véritables groupes de structures pastorales. Lors d'une étude portant sur deux ensembles de Soulcem, les archéologues ont notamment identifié un cabanat semi-enterré, un enclos et un bâtiment pouvant correspondre à un mazuc.

Chaque construction avait sa fonction.

L'orri

C'est l'habitation du berger.

La construction utilise essentiellement les matériaux disponibles sur place. La pierre sèche permet de bâtir sans mortier et les constructions traditionnelles utilisent notamment des techniques de couverture en encorbellement.

Ces bâtiments devaient offrir un refuge capable de résister aux conditions parfois rudes de la haute montagne.

Le mazuc

Le mazuc est probablement l'une des dépendances les plus intéressantes.

Il s'agit d'une petite cave utilisée pour le fromage.

L'objectif était de disposer d'un endroit frais permettant sa conservation et son affinage. La présence de ces constructions démontre que la transformation du lait pouvait être effectuée directement sur l'estive.

Le parec

Le parec est l'enclos destiné au bétail.

Ses murs de pierre permettaient de rassembler les animaux à proximité de l'exploitation.

La margue

La margue, ou marga selon les transcriptions, constituait le couloir de traite.

Les animaux pouvaient y être dirigés et immobilisés successivement pour faciliter le travail du berger.

Le cabanat

Le cabanat servait d'abri aux animaux.

Les fouilles archéologiques ont notamment mis au jour à Soulcem un cabanat semi-enterré associé à d'autres structures pastorales.

Certaines installations possédaient encore d'autres petits aménagements : niches, abris sous roche ou espaces de surveillance.

Une petite exploitation autonome

Lorsque l'on rassemble toutes ces constructions, l'image change complètement.

Le berger disposait :

d'une habitation + d'enclos + d'abris pour les animaux + d'un espace de traite + d'une cave à fromage.

L'orri était donc le cœur d'une véritable exploitation agricole saisonnière d'altitude.

C'est cette organisation qu'il faut avoir en tête lorsque l'on traverse aujourd'hui les ruines de Touéno ou de Labinas.

Les tas de pierres que l'on distingue dans l'herbe correspondent parfois aux différentes pièces d'une ferme qui fonctionnait plusieurs mois chaque année.

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